Suzume

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Suzume
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Épisodes: 1
Canal de distribution: Film
Source de l’intrigue: Anime Original
Date de sortie: 11 novembre 2022
Catégories d’œuvres: Anime
Studios: CoMix Wave
Format: Film
Nom anglais: Suzume
Nom japonais: すずめの戸締まり
Nom chinois: 鈴芽之旅
Nom allemand: Suzume
Nom italien: Suzume
Nom espagnol: Suzume
Nom coréen: 스즈메의 문단속
Nom romanisé: Suzume no Tojimari
Ressources : Site Officiel

Personnages (12)

Tout voir
Daijin
Daijin
Sexe: Homme
Doubleur: An Yamane
Souta Munakata
Souta Munakata
Sexe: Homme
Anniversaire: 24 février 2002
Doubleur: Hokuto Matsumura
Suzume Iwato
Suzume Iwato
Sexe: FemmeÂge: 17
Anniversaire: 24 mai 2006
Doubleur: Nanoka Hara
Sadaijin
Sadaijin
Doubleur: An Yamane
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Équipe de production (207)

Tout voir
Makoto Shinkai
Makoto Shinkai
Créateur original
Réalisateur
Scénario
Édition
Storyboard
Planche d'ambiance
Directeur de la couleur
Ayumi Nagaki
Ayumi Nagaki
Conception des accessoires
Deuxième animation clé
Ai Takashi
Ai Takashi
Animation clé
Mai Ogawa
Mai Ogawa
Deuxième animation clé
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Création communautaire

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Suzume est un film d’animation japonais de 2022 réalisé et écrit par Makoto Shinkai, racontant le voyage d’une lycéenne, Suzume Iwato, chargée de fermer des portes surnaturelles qui laissent échapper des catastrophes.

Le film est à la fois road movie, récit de deuil, histoire d’amour et fable fantastique autour des séismes et des ruines qui jalonnent le Japon contemporain.

Titre français / international : Suzume

Titre original : Suzume no Tojimari

Réalisateur / Scénariste / Montage : Makoto Shinkai

Character design : Masayoshi Tanaka

Direction de l’animation : Kenichi Tsuchiya

Direction artistique : Takumi Tanji

Studios de production :

CoMix Wave Films

STORY inc.

Comité de production “Suzume no Tojimari” :

CoMix Wave Films, Toho, STORY inc., voque ting (RADWIMPS), Kadokawa, JR East Marketing & Communications, Lawson, Aniplex.

Distributeur Japon : Toho

Distributeurs internationaux (sélection) : Crunchyroll, Sony Pictures Releasing, Wild Bunch International, Eurozoom, divers distributeurs locaux.

Date de sortie au Japon : 11 novembre 2022

Durée : 122 minutes

Pays : Japon

Langue originale : japonais

Format : sorties cinéma standard, IMAX, Dolby Cinema, Dolby Atmos, Dolby Vision.

Box-office estimé :

Japon : environ 148,6 milliards de yens

Monde : plus de 324 millions de dollars US

Le film se classe parmi les plus grands succès de l’animation japonaise.

Suzume Iwato : Nanoka Hara

Lycéenne de 17 ans, héroïne du film.

Souta Munakata : Hokuto Matsumura

Étudiant et “fermeur de portes” appelé à devenir instituteur.

Tamaki Iwato : Eri Fukatsu

Tante de Suzume, qui l’élève depuis la mort de sa mère.

Minoru Okabe : Shota Sometani

Collègue de Tamaki au sein de la coopérative de pêche, secrètement amoureux d’elle.

Rumi Ninomiya : Sairi Ito

Maman de jumeaux et patronne de bar à Kobe, chaleureuse et cash.

Chika Amabe : Kotone Hanase

Lycéenne vive et accueillante qui tient la pension familiale à Ehime.

Tsubame Iwato : Kana Hanazawa

Mère défunte de Suzume, bricoleuse tendre qui lui a offert la fameuse petite chaise.

Tomoya Serizawa : Ryunosuke Kamiki

Ami de Souta, étudiant en pédagogie à l’université Rikkyo, grande gueule mais loyal.

Hitsujirou Munakata : Hakou Matsumoto

Grand-père de Souta, maître “fermeur de portes”, hospitalisé à Tokyo.

Daijin : Anne Yamane

Petit chat blanc parlant, en réalité la “pierre-clé” de l’Ouest.

Sadaijin : Anne Yamane

Grand chat noir (puis blanc en forme gigantesque), seconde “pierre-clé”, celle de l’Est.

De nombreux comédiens secondaires prêtent leur voix à des passants, élèves, membres de la famille, employés et figurants, renforçant le côté très “ancré dans la vie quotidienne” du film.

Suzume Iwato

Suzume Iwato est une lycéenne de 17 ans qui vit dans une petite ville côtière de la préfecture de Miyazaki avec sa tante Tamaki.

Elle a perdu sa mère Tsubame lors du grand séisme de 2011, quand elle avait 4 ans, et porte encore cette absence comme une douleur sourde.

Suzume vient en réalité de la préfecture d’Iwate, dans la région de Sanriku, durement frappée par le tsunami.

Son passé se résume à des images floues de ruines, de recherche désespérée de sa mère et d’une porte mystérieuse ouvrant sur une vaste prairie hors du temps.

Elle garde comme trésor une petite chaise en bois à trois pieds, fabriquée par Tsubame pour son quatrième anniversaire.

Cette chaise, bancale mais robuste, devient littéralement un personnage central quand Souta s’y retrouve transformé.

Suzume ne parle ni fort accent de Miyazaki ni dialecte du Tohoku, mais plutôt un japonais standard, ce qui symbolise aussi son statut de “déplacée” entre deux régions.

Au fil du voyage, elle se découvre une force, une capacité d’empathie et une détermination à “fermer” les blessures qu’elle porte en elle et autour d’elle.

Souta Munakata

Souta Munakata est un jeune homme d’une vingtaine d’années, étudiant en éducation qui vise le métier d’enseignant.

En parallèle, il perpétue le travail ancestral de sa famille : celui de “fermeur de portes”, gardien qui parcourt le pays pour localiser et refermer des portes menant au monde des morts.

Souta est sérieux, calme, un peu raide, mais profondément gentil.

Il est lié à son grand-père, Hitsujirou Munakata, qui lui a transmis les rites et les textes anciens concernant les “pierres-clés” et la créature appelée “ver”.

Lorsqu’il tente de fermer la première porte avec Suzume, il se voit transformé par Daijin en petite chaise bancale – la chaise de Suzume.

Coincé dans ce corps de bois à trois pieds, il reste pourtant d’une agilité surprenante, ce qui donne lieu à des scènes à la fois comiques et émouvantes.

Souta accepte d’être sacrifié comme nouvelle “pierre-clé de l’Est” pour empêcher la chute du ver sur Tokyo.

Son arc dramatique tourne autour du devoir, de la culpabilité de laisser son grand-père seul, et de son attachement naissant pour Suzume.

Daijin

Daijin est un petit chat blanc aux yeux vifs, capable de parler comme un enfant.

Son pelage et ses moustaches évoquent un vieux ministre dans l’imaginaire populaire, d’où son surnom donné par les internautes.

En réalité, Daijin est la “pierre-clé de l’Ouest”, un être sacré chargé de sceller le ver sous le Japon.

Il était figé sous forme de petit bloc de pierre sculptée avant que Suzume, intriguée, ne le soulève et le libère.

Libéré, Daijin retrouve une forme féline, très maigre au début, puis plus rieuse dès qu’il reçoit affection et nourriture.

Touché par la gentillesse de Suzume, il s’attache à elle, mais perçoit Souta comme un obstacle et le maudit en le transformant en chaise.

Daijin ouvre et attire Suzume vers différentes portes, tout en cherchant l’amour et la reconnaissance.

Quand Suzume le rejette violemment après le sacrifice de Souta, il dépérit, avant de reprendre force grâce au pardon et au lien renouvelé.

À la fin, Daijin demande à Suzume de le transformer de nouveau en pierre-clé pour que l’équilibre soit rétabli.

Il se sacrifie ainsi à son tour, de façon volontaire et apaisée.

Sadaijin

Sadaijin est l’autre chat divin, gigantesque, sombre avec un contour d’œil blanc, incarnation de la “pierre-clé de l’Est”.

Il apparaît d’abord comme un mystérieux grand félin noir à la station routière de la côte de Sanriku.

Lors du combat final dans l’Au-delà, Sadaijin grossit jusqu’à devenir un colosse blanc qui se jette contre le ver pour le retenir.

C’est grâce à lui que Suzume et Souta peuvent atteindre le corps du ver et y planter la nouvelle pierre-clé.

Sadaijin, plus calme et grave que Daijin, représente la part ancienne, sacrée et fatiguée du système de protection du Japon.

Ces deux chats sont des divinités ambivalentes : ils jouent comme des enfants, mais portent sur leurs épaules la charge des catastrophes.

Tamaki Iwato

Tamaki Iwato est la tante de Suzume, née dans la préfecture de Miyazaki.

Elle travaille dans une coopérative de pêche et assure seule la charge de sa nièce depuis que Tsubame, la mère de Suzume, est décédée.

Tamaki a sacrifié une grande part de sa vie personnelle pour élever Suzume.

Elle porte parfois ce sacrifice comme un fardeau et laisse éclater sa frustration dans une scène de dispute particulièrement dure.

Malgré ces tensions, Tamaki aime profondément Suzume.

Le film montre la complexité du lien : amour, fatigue, reproches, dépendance, tout cela se mélange dans le quotidien de ce duo féminin.

Tsubame Iwato

Tsubame Iwato, la mère de Suzume, est morte pendant le séisme de 2011, alors qu’elle n’avait que 34 ans.

On la découvre principalement à travers des souvenirs, un journal d’enfant de Suzume, et la fameuse chaise qu’elle a fabriquée.

Tsubame est infirmière, débrouillarde, souriante, mais aussi surmenée.

Ses dessins, son bricolage de la chaise et ses mots laissent deviner une femme qui essaie de tout concilier.

Dans l’Au-delà, Suzume adulte retrouve la fillette qu’elle était, en tenue blanche, et lui remet la chaise que Tsubame avait faite.

Cette boucle symbolise le fait de se donner à soi-même le courage et le soutien qu’on attendait d’un parent absent.

Minoru Okabe

Minoru Okabe est le collègue de Tamaki à la coopérative de pêche.

Il est jovial, un peu lourd, mais sincère.

Éperdument amoureux de Tamaki, il n’ose pourtant pas se déclarer clairement.

Il sert de relais comique mais aussi de figure de stabilité adulte dans la ville de Miyazaki.

Rumi Ninomiya et sa famille

Rumi Ninomiya vit à Kobe et tient un snack-bar nommé “Harbor”.

Mère de jumeaux, elle recueille Suzume et la “chaise-Souta” alors qu’ils tentent de faire de l’auto-stop sous la pluie.

Rumi parle avec un franc-parler très marqué et un accent de Kansai.

Elle incarne la chaleur spontanée des gens de la ville qui ont vécu un grand séisme (Hanshin-Awaji) mais continuent à rire et à aller de l’avant.

Elle confie à Suzume la garde de ses jumeaux, Hana et Sora, le temps d’un service au bar.

Le snack devient un moment de répit chaleureux dans la course contre la montre.

Chika Amabe

Chika Amabe est une adolescente de même âge que Suzume, vivant à Ehime.

Elle conduit un petit deux-roues Honda Cub et aide ses parents à gérer la pension familiale “Amabe”.

Chika rencontre Suzume en laissant tomber un sac de mandarines que Suzume et Souta rattrapent au vol.

Elle loge les deux voyageurs, leur offre un dîner chaud, un futon et même des vêtements civils pour que Suzume ne soit plus repérable en uniforme.

Elle les accompagne ensuite jusqu’à un ancien collège abandonné, frappé par un glissement de terrain, où une porte s’est ouverte.

Chika représente la jeunesse provinciale, optimiste, qui essaie de construire sa vie dans des régions marquées par la dépopulation.

Tomoya Serizawa

Tomoya Serizawa est l’ami de faculté de Souta, étudiant lui aussi en pédagogie à l’université Rikkyo.

Il conduit une vieille décapotable rouge rappelant une Alfa Romeo, qu’il a achetée d’occasion à bas prix.

Serizawa est grande gueule, râleur, fumeur, mais d’une loyauté sans faille envers Souta.

Il n’hésite pas à prendre le volant pour accompagner Tamaki et Suzume du centre de Tokyo jusqu’à la côte de Sanriku.

Il est aussi l’occasion de glisser dans le film une playlist de tubes pop des années 80, qu’il écoute en voiture.

Ces chansons servent à alléger l’ambiance tout en soulignant la nostalgie des adultes.

Hitsujirou Munakata

Hitsujirou Munakata est le grand-père de Souta et son maître dans l’art de fermer les portes.

Il est hospitalisé à Tokyo, affaibli, mais toujours lucide.

En 2011, il a perdu un bras en plantant la pierre-clé de l’Est à Tokyo, ce qui a contribué à contenir la catastrophe.

Il sait que le système des pierres-clés et des portes est fragile, et que Souta devra tôt ou tard faire des choix douloureux.

Lorsque Suzume vient le voir à l’hôpital, il lui explique que chaque personne ne peut traverser qu’une seule porte vers l’Au-delà dans sa vie.

Il lui révèle aussi les liens entre les pierres, les chats divins et le ver qui rampe sous le Japon.

Personnages secondaires et enfants

On croise également les camarades de classe de Suzume (Aya, Mami), les jumeaux de Rumi, l’employée de snack Miki, des propriétaires de supérette, des responsables de salles de cinéma et de magasins, etc.

Ces personnages, parfois à peine esquissés, donnent à chaque étape du voyage une saveur locale très distincte.

Les portes

Les “portes” de Suzume sont des ouvertures surnaturelles qui apparaissent dans des lieux abandonnés : stations désertes, écoles en ruine, parcs d’attractions fermés, maisons détruites.

Elles sont physiquement des portes ordinaire (bois, métal, verre), mais symboliquement des passages vers l’Au-delà.

Quand une porte s’ouvre, un phénomène appelé “ver” commence à se manifester.

Si la porte reste béante, le ver finit par tomber vers le sol et déclencher un séisme destructeur.

Les “fermeurs de portes” comme Souta récitent un rituel, posent la main sur le sol et ferment la porte en “verrouillant” le lien entre le monde des vivants et celui des morts.

Dans le film, ces fermetures sont aussi des rituels de deuil pour des lieux abandonnés, des villes disparues ou des communautés dissoutes.

Chaque porte n’est pas visible de tous.

Seuls certains êtres sensibles, comme Suzume, les fermeurs de portes, et les animaux comme les corbeaux, perçoivent le ver et l’agitation de l’Au-delà.

La chaise de Suzume

La “chaise de Suzume” est un petit siège en bois à trois pieds, fabriqué par Tsubame.

Un de ses pieds a été brisé lors du séisme qui a emporté la maison familiale.

Suzume l’a gardée comme relique de son enfance.

Au début du film, elle l’utilise comme table de chevet ou siège décoratif.

Lorsque Daijin maudit Souta, celui-ci se retrouve prisonnier de la chaise.

Elle s’anime, court, bondit, trouve des solutions pratiques – et devient l’icône visuelle du film.

Cette chaise symbolise à la fois l’amour de Tsubame, l’enfance brisée, et la capacité de “boiter” mais d’avancer quand même.

À la fin, dans l’Au-delà, Suzume remet la chaise à la fillette qu’elle était, se donnant ainsi à elle-même le soutien qui lui a manqué.

Les pierres-clés

Les “pierres-clés” sont des objets sacrés qui maintiennent le ver prisonnier sous l’archipel japonais.

Il existe deux pierres-clés principales : celle de l’Est et celle de l’Ouest.

La pierre de l’Ouest se trouve en Miyazaki.

La pierre de l’Est est à Tokyo, plantée en 2011 par Hitsujirou Munakata lors d’un acte de sacrifice héroïque.

Ces pierres ne sont pas de simples outils inertes.

Elles sont en réalité des êtres vivants, capables de se métamorphoser en chats divins : Daijin pour l’Ouest, Sadaijin pour l’Est.

Lorsque Suzume retire par ignorance la pierre de l’Ouest, Daijin est libéré et le ver se remet à se mouvoir sous le Japon.

Quand la pierre de l’Est cède, Souta prend sa place de façon temporaire, jusqu’à ce que Suzume le libère à son tour dans l’Au-delà.

Le ver

Le “ver” est une immense colonne d’énergie rouge sombre, spiralée, ressemblant à un serpent ou une racine de nuage flamboyante.

Il se dresse vers le ciel depuis les portes, puis vacille pour retomber vers le sol.

Si le ver frappe le sol, cela provoque un séisme.

Plus le ver est gros et plus la chute est proche, plus le séisme risque d’être dévastateur.

Seuls les fermeurs de portes, Suzume et certains animaux perçoivent clairement le ver.

Pour le reste de la population, l’unique signe est la notification de l’alerte sismique sur les téléphones et les écrans.

Le ver est une métaphore visuelle de la force destructrice cachée dans le sous-sol du Japon, traversé de lignes de faille.

Il incarne aussi les traumatismes qui veulent refaire surface et qu’il faut reconnaitre plutôt que nier.

L’Au-delà

L’Au-delà est un monde parallèle accessible derrière les portes.

Il se présente, pour Suzume, comme une vaste prairie baignée par un ciel composite où coexistent toutes les heures du jour.

Chaque personne ne peut franchir qu’une seule fois une porte qui mène à l’Au-delà.

Suzume y est déjà entrée enfant, lorsqu’elle cherchait sa mère au milieu des ruines.

L’Au-delà abrite les traces des morts, les souvenirs figés des catastrophes, mais aussi le ver et les pierres-clés.

Dans la dernière partie du film, c’est là que Suzume doit aller pour sauver Souta et affronter le cœur de son propre traumatisme.

“Les trésors de Suzume”

Près des ruines de sa maison d’enfance à Iwate, Suzume retrouve une boîte métallique enterrée, sur laquelle est écrit “les trésors de Suzume”.

À l’intérieur se trouvent son journal d’enfant et quelques petits objets.

À partir du 11 mars 2011, les pages du journal sont entièrement gribouillées de noir, signe d’un souvenir si douloureux qu’il a été refoulé.

Sur la dernière page, une petite Suzume a dessiné la porte et la prairie de l’Au-delà.

Cette boîte, comme la chaise, représente la tentative d’une enfant de préserver quelque chose au milieu du chaos.

En la rouvrant plus tard, Suzume adulte accepte de regarder en face ce qui s’est passé.

Départ : Miyazaki, la première porte

L’histoire se déroule en 2023, douze ans après le séisme de 2011.

Suzume Iwato vit avec sa tante Tamaki dans une petite ville de la côte de Miyazaki.

Un matin, en allant au lycée, Suzume croise Souta Munakata, un jeune homme qui lui demande s’il existe des ruines dans les environs.

Intriguée, elle se rend après coup dans une station thermale abandonnée dans les montagnes.

Là, elle découvre une porte isolée, plantée au milieu d’un ancien complexe envahi par la végétation.

En l’ouvrant, elle entrevoit l’Au-delà : une immense prairie lumineuse sous un ciel étrange, mais ne peut pas y pénétrer physiquement.

Au sol, un petit bloc de pierre en forme de chat attire son attention.

En le soulevant, elle libère Daijin, qui prend la forme d’un chat blanc famélique et s’enfuit.

De retour au lycée, Suzume aperçoit dans le ciel une colonne rouge sombre s’élever depuis la montagne.

Seule elle semble la voir, tandis que retentit l’alerte sismique sur tous les téléphones.

Affolée, elle retourne aux ruines et trouve Souta qui tente de refermer la porte.

En récitant avec lui la formule et en posant la main sur le sol, elle participe à son premier rituel de fermeture et ressent les voix du passé attachées à ce lieu autrefois prospère.

La malédiction de Daijin et la chaise vivante

Blessé, Souta se laisse emmener chez Suzume pour être soigné.

Il lui explique qu’il est “fermeur de portes” et que les pierres-clés sont indispensables pour contenir le ver.

C’est alors que Daijin réapparaît, affamé, et Suzume lui donne à manger.

Touché, le chat lui répond en langage humain, lui disant qu’il l’aime et qu’elle est gentille.

Mais il ajoute que Souta est “de trop”.

En un instant, Souta est transformé en chaise de bois à trois pieds, vivante, fortement handicapée mais bondissante.

La chaise-Souta file à toute vitesse pour poursuivre Daijin, en sautant par la fenêtre du deuxième étage.

Suzume le suit en courant à travers la ville, sous les yeux ahuris des passants.

Ils parviennent à monter à bord d’un ferry partant pour la mer Intérieure, tandis que Daijin s’échappe sur un bateau de patrouille.

Le voyage de Suzume à travers le Japon commence pour de bon.

Étape Ehime : la pension Amabe et l’école abandonnée

Au petit matin, le ferry arrive à Ehime.

Suzume et la chaise-Souta descendent et se mettent à la recherche de Daijin.

Le chat blanc devient une petite célébrité sur les réseaux sociaux : vidéos, photos, surnoms, tout le monde parle de lui.

Les internautes le baptisent “Daijin”, qu’il adopte comme nom.

Sur la route, Suzume intercepte des mandarines qui tombent du panier de Chika Amabe, une adolescente au scooter.

Reconnaissante, Chika les invite à la pension familiale où elle les nourrit et leur offre une chambre.

Daijin apparaît de nouveau, et, peu après, la colonne rouge du ver surgit au-dessus d’une ancienne école.

Chika les conduit en voiture jusqu’au bâtiment abandonné dans la montagne.

À deux, Suzume et la chaise-Souta referment cette nouvelle porte.

Elles entendent les échos des élèves, des professeurs, de la vie qui s’y déroulait avant la catastrophe naturelle qui a condamné l’établissement.

Le soir, dans la chaleur de la pension, Chika prête à Suzume des vêtements civils pour qu’elle soit plus discrète.

Le lendemain, la jeune héroïne repart vers son prochain objectif, laissant derrière elle une nouvelle amie.

Étape Kobe : le bar “Harbor” et le parc d’attractions

Suzume et Souta peinent à faire du stop sous la pluie à un arrêt de bus.

Une voiture familiale s’arrête : Rumi Ninomiya, mère solo de jumeaux, leur propose de monter.

Elle les emmène à Kobe, dans son bar “Harbor”, situé dans une galerie commerçante traditionnelle.

Suzume y garde les enfants, Hana et Sora, joue avec eux et sert les clients pendant que Rumi assure le service.

Daijin se montre dans le bar, posé sur un tabouret, déclenchant l’hystérie sur les réseaux.

En le poursuivant, Suzume repère une nouvelle manifestation du ver au-dessus d’un parc d’attractions abandonné.

Ce parc, inspiré de “Kobe Oto no Kuni” (un vrai parc à la périphérie de la ville), est représenté en ruines dans le film, ce qui a surpris les responsables du site réel.

Au milieu des manèges figés, Suzume se retrouve dans une grande roue dont la cabine est ouverte sur une porte.

Elle faillit se laisser absorber par une vision de son rêve d’enfance, mais Souta, escaladant la structure malgré sa forme de chaise, la ramène à la réalité.

Ensemble, ils referment la porte du parc, calmant à nouveau le ver.

De retour au bar, Rumi leur offre une nuit de repos et un repas copieux.

Au petit matin, Suzume repart, cette fois en train, direction Tokyo.

Tokyo : la grande chute du ver

À Tokyo, Suzume découvre l’appartement de Souta, et les livres anciens consacrés aux portes et aux pierres-clés.

C’est là qu’elle rencontre Tomoya Serizawa, l’ami de Souta, qui débarque sans prévenir.

Alors qu’ils discutent, une nouvelle secousse se fait sentir.

Suzume sort sur le palier et aperçoit la colonne rouge du ver s’élever dans le ciel de la capitale.

Elle et la chaise-Souta se précipitent vers un complexe souterrain où se trouve une autre porte.

Daijin les y attend, joyeux, mais refuse de reprendre sa place de pierre-clé.

En se manifestant à Tokyo, le ver révèle que la pierre-clé de l’Est s’est défaite.

Souta décide de se sacrifier : il se jette sur le ver, fusionne avec la pierre-clé et commence à se pétrifier.

Daijin lui murmure que c’est désormais lui la “pierre-clé”.

Sous les yeux horrifiés de Suzume, Souta se transforme en bloc de pierre glacé.

Le ver ne cesse pourtant de grandir et commence à retomber vers la ville.

Suzume, en larmes, comprend qu’elle doit enfoncer la pierre dans le corps du ver pour achever la fermeture.

Elle poignarde le ver avec ce Souta devenu pierre.

La colonne explose en pluie et se dissipe, les séismes sont évités, mais Souta disparaît dans l’Au-delà, cloué au sol comme un obélisque.

Suzume voit, de l’autre côté de la porte, le corps figé de Souta transpercé par le ver.

Incarnant la douleur du sacrifice, elle rejette Daijin, qui se ratatine de chagrin et s’en va.

À la recherche d’un chemin vers l’Au-delà

De retour à la surface, Suzume va à l’hôpital où est soigné Hitsujirou Munakata.

Elle lui demande comment elle peut franchir une porte conduisant à l’Au-delà pour sauver Souta.

Hitsujirou lui explique que chacun ne peut franchir qu’une seule porte de ce type dans sa vie.

Il comprend que Suzume l’a déjà traversée enfant, lors du séisme de 2011 dans la région de Sanriku.

Suzume retourne à l’appartement de Souta, se prépare pour un long voyage et sort.

Elle tombe sur Serizawa devant la gare d’Ochanomizu, qui insiste pour l’accompagner en voiture.

Tamaki, alertée par l’absence de sa nièce, arrive au même moment et monte elle aussi dans la voiture de Serizawa.

Daijin se faufile également à bord, malgré le ressentiment de Suzume.

Ensemble, ils quittent Tokyo et prennent la route vers le nord-est, en direction de la côte de Sanriku.

Le road trip traverse des tronçons d’autoroute, des routes de campagne, sous une pluie croissante.

Sanriku : disputes, réconciliation et Sadaijin

Après des heures de route, le groupe s’arrête à la station routière “Ōya Kaigan”, reconstruite après le tsunami.

Tamaki et Suzume se disputent violemment, Tamaki exprimant, sous l’effet d’une influence surnaturelle, la rancœur accumulée d’avoir “perdu sa vie” pour élever Suzume.

Ce moment est dur, mais humain : le film montre que même l’amour familial peut s’accompagner de ressentiment.

Serizawa, gêné, tente d’apaiser la situation.

C’est là que Suzume et Daijin remarquent un gigantesque chat noir : Sadaijin.

Les deux chats se confrontent, Sadaijin attrape Daijin et l’emporte.

La voiture de Serizawa glisse sur une route de campagne et finit hors d’usage.

Tamaki et Suzume sont obligées de continuer à pied ou à vélo jusqu’au village natal de Suzume.

Le village d’enfance et la boîte enterrée

Suzume rejoint les ruines de son ancien quartier, aujourd’hui recouvert d’herbes et de structures reconstruites.

Elle se rend sur l’emplacement de sa maison, où ne subsistent que des traces du passé.

En creusant près d’un repère, elle retrouve la boîte “les trésors de Suzume”.

Son journal d’enfant, avec ses pages noircies à partir du 11 mars, la confronte à ce qu’elle a refusé de regarder.

Sur la dernière page, elle a dessiné une porte et un paysage de prairie.

Suivant l’indice, elle cherche cette porte dans le paysage actuel.

Guidée par Daijin, elle trouve une vieille porte de métal, envahie de ronces, isolée dans la nature.

C’est la même que celle qu’elle a traversée enfant lors de la catastrophe.

Suzume remercie Daijin pour l’avoir menée jusqu’ici.

Le chat reprend un peu de vigueur grâce à cette reconnaissance.

Voyage final dans l’Au-delà

Avec Daijin et Sadaijin, Suzume franchit la porte et arrive dans l’Au-delà.

Le ver tente déjà de se dresser de nouveau pour s’échapper par cette porte originelle.

Sadaijin grossit jusqu’à devenir un monstre lumineux qui se jette contre le ver pour le retenir.

Pendant ce temps, Suzume et Daijin se fraient un passage jusqu’à la pierre-clé où Souta est prisonnier.

En tirant de toutes ses forces, avec l’aide de Daijin, Suzume parvient à extirper Souta de son carcan de glace.

La clé du sacrifice, portée autour du cou de Suzume, brille intensément.

Souta reprend forme humaine, encore fragile.

Daijin, épuisé mais heureux, lui demande doucement de le transformer de nouveau en pierre-clé.

Suzume replonge Daijin dans son état minéral, créant une nouvelle pierre-clé.

Portés par Sadaijin, Suzume et Souta se retrouvent en hauteur au-dessus du ver.

En suivant le rituel, Souta récite la prière des fermeurs de portes, et Suzume enfonce la nouvelle pierre-clé au cœur du ver.

La créature s’effondre et se transforme en colline couverte d’herbes, symbole de l’apaisement des morts.

Rencontre avec la petite Suzume et retour

Après cette fermeture finale, Suzume erre dans la prairie de l’Au-delà.

Elle y rencontre une petite fille en pleurs : la Suzume de 4 ans.

La fillette cherche sa mère, persuadée qu’elle va revenir.

Suzume adulte se présente à elle comme “demain”, c’est-à-dire l’avenir qu’elle peut encore construire.

Elle la réconforte, lui confie la petite chaise à trois pieds et lui dit de traverser la porte pour rentrer.

Au loin, on distingue Tsubame et un homme adulte (sans doute Tamaki et un secouriste) qui observent.

La boucle est bouclée : l’enfant qui avait été perdue dans l’Au-delà est guidée par sa future version.

Suzume renvoie ainsi à la fois son passé traumatique et son futur vers la vie.

De retour dans le monde réel, Suzume referme la porte de Sanriku en chuchotant “je pars”, comme pour un nouveau départ.

Elle entreprend le chemin du retour vers le sud, cette fois avec Tamaki et Serizawa.

Épilogue : “Bienvenue chez toi”

Quelques mois passent.

Un matin de février, Suzume se rend comme d’habitude au lycée, dans la lumière claire de fin d’hiver.

Sur le chemin, au même endroit où elle l’avait croisé la toute première fois, elle aperçoit Souta.

Il a quitté Tokyo et vient la voir en personne.

Les deux jeunes se regardent, embarrassés, émus.

Suzume lui dit simplement : “Okaeri” – “Bienvenue chez toi” – résumant tout ce qu’ils ont traversé.

Le film reprend avec précision de nombreux lieux réels au Japon, ce qui encourage les fans à les visiter.

Les producteurs ont d’ailleurs demandé aux spectateurs de respecter les habitants et de se comporter avec discrétion lors de ces “pèlerinages”.

Miyazaki

La ville natale de Suzume dans le film est une petite ville côtière du sud de la préfecture de Miyazaki, inspirée notamment de Nichinan.

Le port qui apparaît dans la scène de trajet scolaire est basé sur le port d’Aburatsu.

Le choix de Miyazaki s’explique par son statut de berceau de nombreux mythes shinto.

Le prénom “Suzume” est d’ailleurs inspiré de la déesse Ame-no-Uzume.

Oita et la mer Intérieure

Le premier ferry que Suzume emprunte part d’un port inspiré de Saganoseki, dans la préfecture d’Oita.

Le bateau est calqué sur un navire réel de la compagnie Kyushu-Orange-Ferry.

Le continent voisin d’Ehime est représenté par le port de Yawatahama, dont l’ancien terminal a servi de modèle.

Depuis là, des trains locaux permettent aux héros de se déplacer à travers la région.

Ehime

Suzume et la chaise-Souta arrivent à la gare de Yawatahama, puis se déplacent en train et à moto.

Plusieurs paysages, comme des réservoirs, des lignes côtières et des petites gares, sont fidèlement repris.

La pension Amabe est inspirée de petites pensions de famille typiques de la région.

Le dialecte d’Ehime est reproduit avec soin dans les dialogues de Chika.

Kobe

La partie kobeïenne du film montre des quartiers commerçants aux arcades couvertes, en s’inspirant notamment des galeries Higashiyama et Ninomiya.

Le snack “Harbor” de Rumi se trouve dans une rue commerciale animée, aux enseignes et néons colorés.

Le parc d’attractions abandonné du film est basé sur “Kobe Otogi no Kuni”, un vrai parc dans le parc “Kobe Fruit & Flower Park”.

Dans la réalité, le site n’est pas une ruine, ce qui a amusé et parfois agacé les responsables.

Le choix de Kobe n’est pas anodin : la ville a été frappée par le grand séisme de Hanshin-Awaji en 1995.

Shinkai voulait mettre en scène un lieu qui a connu une catastrophe mais présente aujourd’hui un visage de quotidien retrouvé.

Tokyo

De nombreuses scènes se déroulent dans le centre de Tokyo :

la gare de Tokyo, la gare d’Ochanomizu, le pont Hijiri, la rivière Kanda, les environs de Shinjuku.

On reconnait dans le ciel de Tokyo la silhouette d’un célèbre gratte-ciel de compagnie d’assurance.

L’hôpital où se trouve Hitsujirou s’inspire de l’hôpital universitaire de Juntendo.

Le film montre aussi des détails de la vie urbaine : l’alerte sismique qui retentit sur les smartphones, les panneaux d’information, les distributeurs automatiques d’eau “From AQUA”.

Les lieux ont été si fidèlement reproduits que la compagnie Acure a décrit cette scène dans une campagne de promotion.

Sanriku, Iwate, Miyagi

La dernière partie du film se déroule sur la côte de Sanriku, dans la région de Tohoku, particulièrement marquée par le tsunami.

Le village natal de Suzume est situé dans l’actuelle ville de Miyako, quartier d’Akamae.

La gare où Suzume et Souta se séparent à la fin est inspirée de la station Orikasa de la ligne Sanriku.

Ce lieu est rapidement devenu un site de “pèlerinage” pour les fans.

La station routière “Oya Kaigan” (Route de la côte d’Oya) en préfecture de Miyagi est également représentée.

Ce bâtiment a été reconstruit après le tsunami et symbolise la résilience des communautés locales.

Autres lieux

Le film multiplie les clins d’œil à des endroits très précis :

une ancienne rotonde ferroviaire à Bungo-Mori (préfecture d’Oita), des carrières souterraines à Utsunomiya, des temples liés à la mythologie, etc.

Chaque étape du voyage est un mélange de documentation très fine et de libertés artistiques.

Cela crée un Japon à la fois réel et onirique, parfaitement adapté à une histoire où le quotidien côtoie le surnaturel.

La bande originale est signée par le groupe RADWIMPS, déjà à l’œuvre sur les précédents films de Shinkai, et par le compositeur Kazuma Jinnouchi.

Ils ont collaboré avec des orchestres étrangers pour certains enregistrements, une première dans la filmographie de Shinkai.

L’album “Suzume no Tojimari” comporte 25 morceaux instrumentaux, deux chansons principales et deux titres inédits chantés par Yojiro Noda.

Les chansons “Suzume feat. Toaka” et “Kanata Haruka” servent de thèmes principaux du film.

Des chansons connues de la pop japonaise des années 70 et 80 ponctuent la bande-son diegétique.

Elles sont diffusées notamment dans la voiture de Serizawa et dans le bar de Rumi.

On entend ainsi : “Sweet Memories”, “Rouge no Dengon”, “Valentine Kiss”, “Kenka o Yamete”, des titres emblématiques de l’époque Showa.

Ces morceaux évoquent la nostalgie des adultes et créent un contraste avec le ton plus contemporain de la musique originale.

Intention de Makoto Shinkai

Makoto Shinkai explique avoir pensé constamment au séisme de 2011 pendant plus de dix ans en créant ses films.

Après avoir abordé ce traumatisme de façon métaphorique dans “Your Name” (comète) et “Weathering With You” (pluie diluvienne), il a voulu le traiter de manière plus directe.

Il choisit donc une héroïne qui a perdu sa mère dans la catastrophe et qui a dû quitter son village détruit.

L’idée est de parler de génération pour qui 2011 est un souvenir d’enfance ou un récit entendu, mais qui vit toujours dans le pays marqué par cet événement.

Shinkai s’est aussi beaucoup interrogé sur les ruines et la disparition de certaines localités rurales.

Il a constaté que l’on organise des rituels pour inaugurer des bâtiments ou des villes, mais rarement pour leur “fin”.

D’où l’idée de créer une histoire où l’on “ferme” les lieux abandonnés comme on ferme des portes, avec un rituel de compassion.

Cela a naturellement mené à la structure de road movie, qui permet d’enchaîner les ruines, les villes et les paysages.

Étapes de la production

En 2020, Shinkai commence à développer le concept et le scénario.

Il enchaîne ensuite avec le storyboard détaillé, puis la mise en production de l’animation à partir d’avril 2021.

Le film est officiellement annoncé en décembre 2021 avec une première affiche montrant Suzume devant une porte isolée dans une rotonde ferroviaire.

Les premières images animées sont dévoilées au printemps et à l’été 2022.

La postproduction sonore, dont le mixage final, a lieu à l’automne 2022.

Le film est terminé fin octobre, puis montré à la presse et dans des séances spéciales avant la sortie nationale.

Liens avec d’autres œuvres

Shinkai mentionne l’influence de la nouvelle “Un gros insecte qui s’appelle Kairu” (“Super-Frog Saves Tokyo”) de Haruki Murakami, où un homme ordinaire s’allie avec une créature pour empêcher un tremblement de terre.

Il cite aussi le film “Kiki la petite sorcière” d’Hayao Miyazaki, pour le côté “jeune fille en voyage initiatique dans la ville”.

Comme dans “Your Name” et “Weathering With You”, on retrouve un couple adolescent, une catastrophe imminente, un Tokyo extraordinairement vivant et un mélange de fantastique et de banal.

Mais “Suzume” va plus loin dans l’ancrage historique et le traitement frontal du traumatisme national.

Sortie en salles au Japon

“Suzume” sort dans les salles japonaises le 11 novembre 2022, avec des avant-premières IMAX quelques jours plus tôt.

Le film bénéficie d’un dispositif massif : grande fréquence de séances, projections dans les plus grands complexes, formats premium.

En trois jours, il attire plus de 1,3 million de spectateurs et génère près de 19 milliards de yens de recettes.

C’est le meilleur démarrage de la carrière de Shinkai.

Le succès se maintient sur la longueur, malgré la concurrence d’autres gros titres.

En 45 jours, le film atteint 100 milliards de yens de recettes, troisième film de Shinkai à franchir ce cap.

Au bout d’environ 6 mois d’exploitation nationale, “Suzume” finit à près de 148,6 milliards de yens.

Cela le place au 14e rang historique des films les plus lucratifs au Japon, juste derrière “Ponyo sur la falaise”.

Sortie internationale

Hors Asie, la distribution est portée par Crunchyroll, Sony Pictures et Wild Bunch International.

Le film est lancé dans 199 pays et territoires, soit la plus large sortie internationale pour un film de Shinkai.

En Asie, chaque pays dispose de son propre distributeur :

GaragePlay à Taïwan, Showbox en Corée, Road Pictures en Chine continentale, Encore Films en Asie du Sud-Est, etc.

En Corée du Sud, le film sort en mars 2023 et devient le long métrage le plus rapidement millionnaire de l’année.

Il franchit ensuite les 3 millions d’entrées, justifiant un second déplacement de Shinkai pour remercier le public.

En Chine, “Suzume” bénéficie d’une sortie très favorable, avec de nombreuses avant-premières et un gros travail de promotion de Shinkai en personne.

En dix jours, il y dépasse déjà les recettes de “Your Name”.

Au final, la Chine continentale devient le marché numéro un pour le film, avec plus de 8 milliards de yuans de recettes (environ 146 millions de dollars).

C’est plus que ce qu’il a rapporté au Japon, fait rare pour un film japonais.

En Europe, “Suzume” sort au printemps 2023, notamment en France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie.

Il est projeté dans de nombreux festivals et obtient un très bon accueil critique.

En Amérique du Nord, il sort également en avril 2023, distribué par Crunchyroll.

Le film attire un large public d’amateurs d’animation japonaise, mais aussi un nouveau public séduit par le mélange de spectacle et de sensibilité.

En avril 2024, “Suzume” est mis en ligne sur Netflix, avec un accord d’exclusivité pour la SVOD dans de nombreux territoires.

Cette mise en ligne relance l’intérêt et permet de toucher un public encore plus large.

Télévision et streaming

La première diffusion télévisée a lieu au Japon sur la chaîne payante WOWOW le 1er janvier 2024.

Cette diffusion intervient quelques heures après un important tremblement de terre dans la région de Noto, ce qui pousse Shinkai à publier un message de compassion.

Le 5 avril 2024, le film est diffusé pour la première fois en clair sur la chaîne nationale NTV dans le cadre de l’émission “Friday Road Show”.

Il réalise une bonne audience et s’accompagne de la diffusion d’images inédites.

Parallèlement, la bande originale, les romans et les produits dérivés connaissent un fort succès.

Les ventes de livres dépassent plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.

Réception critique

Sur les sites de critiques internationaux, “Suzume” obtient une excellente réputation.

Sur Rotten Tomatoes, il recueille plus de 90 % d’avis positifs, avec une note moyenne proche de 8/10.

Les critiques saluent souvent la direction artistique, la mise en scène, la musique et la façon dont le film traite du deuil et du trauma.

Certains estiment cependant qu’il reste légèrement en dessous de “Your Name” en terme de cohérence globale.

Au Japon, l’accueil est plus nuancé chez les personnes ayant vécu de très près les séismes et le tsunami.

Certains spectateurs trouvent difficile de revoir des catastrophes rappelant des souvenirs douloureux, même dans un contexte fantastique.

D’autres, au contraire, apprécient la volonté de Shinkai de ne pas tourner le dos à cette réalité.

Le film suscite de nombreux débats sur la manière dont la fiction peut parler du réel et aider à le transformer.

Festivals et récompenses

“Suzume” est sélectionné en compétition officielle à la Berlinale 2023, 21 ans après “Le Voyage de Chihiro”, dernier long métrage d’animation japonais en lice.

Il n’y remporte pas de prix, mais reçoit une ovation lors de sa projection.

Au Japon, il gagne le prix du meilleur film d’animation aux Japan Academy Awards, ainsi que le prix de la meilleure musique pour RADWIMPS et Kazuma Jinnouchi.

Hokuto Matsumura reçoit le Prix du public pour le comédien le plus remarqué.

Le film décroche aussi le prix du meilleur film d’animation aux VFX-Japan Awards et plusieurs distinctions dans des festivals de cinéma de genre.

À Bruxelles, il obtient le Silver Raven.

Internationalement, “Suzume” est nommé pour le Golden Globe du meilleur film d’animation, pour les Annie Awards dans plusieurs catégories, ainsi que pour divers prix de critiques (Londres, Austin, Seattle, Floride, etc.).

Il ne remporte pas tous ces trophées, mais consolide la place de Shinkai comme figure majeure de l’animation mondiale.

Romans

Makoto Shinkai a lui-même écrit un roman “Suzume no Tojimari”, paru chez Kadokawa.

Ce roman, publié en poche, offre le point de vue intérieur de Suzume, développe ses émotions et les pensées des personnages secondaires.

Une adaptation pour jeunes lecteurs, dans la collection Kadokawa Tsubasa Bunko, reprend l’histoire avec un vocabulaire plus accessible et des illustrations supplémentaires.

Ces livres se sont vendus à des centaines de milliers d’exemplaires.

Manga

Une adaptation en bande dessinée est dessinée par Denki Amashima.

Elle est publiée dans le mensuel “Afternoon” de l’éditeur Kodansha à partir de fin 2022.

Le manga reprend l’intrigue du film en la découpant en chapitres, avec quelques scènes supplémentaires et un rythme plus posé.

Trois volumes reliés sont publiés, concluant l’adaptation début 2024.

Guide visuel officiel

Kadokawa publie un guide visuel officiel de “Suzume”, comportant :

interviews de Shinkai, des principaux acteurs et techniciens, reproductions de layouts, de décors, d’images clé.

On y trouve également des commentaires détaillés sur les scènes, les choix de mise en scène, les designs des personnages et des créatures.

Ce livre se destine autant aux fans qu’aux personnes intéressées par le processus de création.

Livre pour enfants “Suzume et la chaise”

En collaboration avec McDonald’s Japon, un petit livre illustré intitulé “Suzume et la chaise” est distribué avec le menu enfant.

Ce livre constitue un prologue officiel, racontant un épisode de l’enfance de Suzume avec sa chaise.

Les illustrations sont réalisées par Senbon Umi (sous un pseudonyme enfantin).

L’objectif est de faire découvrir l’univers du film aux plus jeunes de façon douce.

Exposition itinérante

Une grande exposition “Suzume no Tojimari” est organisée dans plusieurs villes japonaises : Tokyo, Sapporo, Osaka, Kanazawa, Fukuoka, Yonago, Nagoya, Hamamatsu, Matsumoto, Morioka.

On y présente des dessins de préproduction, des décors imprimés, des storyboards, des explications techniques et des installations interactives.

Les visiteurs peuvent se prendre en photo devant des reconstitutions à taille réelle de la porte, de la chaise de Suzume, ou de certains décors.

L’exposition met aussi en avant le thème des ruines et des catastrophes, avec des panneaux explicatifs sur les régions touchées.

Tournée de salutations dans les salles

À la sortie du film, Shinkai, Nanoka Hara (Suzume), Hokuto Matsumura (Souta) et d’autres membres de l’équipe font une grande tournée de salles.

Ils visitent des cinémas à Tokyo, Osaka, Nagoya, Kumamoto, Fukuoka, Miyazaki, Hiroshima, Sapporo, Sendai, Morioka, Niigata, Toyama, Ehime, Kagawa, Nagano, Okinawa, Fukushima, Chiba, etc.

À chaque étape, ils saluent le public, répondent à des questions et parlent de la signification du film pour la région.

Cette tournée, appelée “Je pars, Japon”, reflète le voyage de Suzume à travers le pays.

Concours de vitrines de librairies

Kadokawa organise un concours de vitrines autour du roman “Suzume”.

Les libraires de tout le pays créent des mises en scène spectaculaires avec des affiches, des maquettes de portes, des chaises miniatures.

Les meilleures vitrines reçoivent la visite de Shinkai et de Nanoka Hara pour des séances de dédicaces.

Cette initiative renforce le lien entre le film et les circuits de la lecture.

“Projet Fermeture du Japon”

Une grande campagne appelée “Projet Fermeture du Japon” implique 47 entreprises locales, une par préfecture.

Chacune utilise l’univers de “Suzume” dans ses affiches, ses spots télévisés ou ses produits pour mettre en avant la région.

L’idée est que Suzume, en voyageant, “ferme” symboliquement les blessures de chaque territoire, mais découvre aussi ses richesses.

C’est une campagne à la fois promotionnelle et patriotique, centrée sur la diversité des paysages japonais.

Collaboration avec un chat célèbre

Le chat influenceur “Mochimaru” (star de YouTube) est nommé ambassadeur de “Suzume”.

Des vidéos montrent le chat “réagissant” à la bande-annonce ou à une chaise animée.

Cette collaboration suscite autant d’enthousiasme que de critiques, certains internautes reprochant le recours à un animal déjà au centre de polémiques sur son traitement.

Cependant, elle contribue à renforcer l’association entre le film et l’image des chats Daijin et Sadaijin.

Projet “Voyager au Japon avec Suzume”

L’opérateur télécom KDDI lance un projet de co-création territoriale autour du film.

Des publicités, des contenus en réalité augmentée et des campagnes en ligne invitent les utilisateurs mobiles à “voyager” dans les lieux de “Suzume”.

Les usagers peuvent par exemple voir apparaître des portes virtuelles ou des chats divins dans leurs écrans lorsqu’ils visitent certains sites.

C’est une façon de prolonger l’expérience du film dans la vie quotidienne.

Collaboration avec les trains et la restauration

Les distributeurs de boissons “acure” de JR East décorent certains distributeurs automatiques aux couleurs du film.

Une campagne spéciale célèbre la scène où Suzume achète une bouteille d’eau “From AQUA” à la gare d’Ochanomizu.

Le réseau Shinkansen de JR Tokai propose des cuillères en aluminium “spécial glace” décorées avec Suzume, Souta et Daijin.

Ces objets sont vendus dans les trains “Nozomi” et “Hikari” ainsi que sur une boutique en ligne.

La chaîne de magasins Lawson 100 vend des produits inspirés du film, notamment un “pain chaise de Suzume” et d’autres snacks thématiques.

Ces produits sont parfois réédités pour coïncider avec les prix internationaux du film.

McDonald’s, de son côté, diffuse une publicité pour le Big Mac réalisée par Shinkai, avec son style de lumière caractéristique.

Le partenariat avec le menu enfant permet de diffuser le livre “Suzume et la chaise”, renforçant la visibilité du film.

Cafés à thème

Un café éphémère “Suzume no Tojimari Cafe” ouvre à Shinjuku puis à Osaka.

Le menu propose des plats et desserts inspirés de scènes du film (ramen de Rumi, crème glacée “ver”, boissons aux couleurs des portes).

Le décor reproduit certains lieux clés : couloirs de lycée, ruines envahies de verdure, intérieurs de pension.

Les visiteurs peuvent y acheter des produits dérivés exclusifs (sous-verres, serviettes, art prints).

En combinant romance adolescente, road movie, film catastrophe, conte mythologique et chronique sociale, “Suzume” propose une aventure spectaculaire mais profondément intime.

À travers les portes qu’elle ferme, les chats divins qu’elle apprivoise et le ver qu’elle affronte, Suzume Iwato apprend à ne plus fuir ni son passé ni son avenir, et invite le public à regarder en face ses propres ruines intérieures pour mieux les traverser.

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(Dernière modification: 22 décembre 2025 18:24)

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