Madam est un personnage de la série de romans et d’animation Les Carnets de l'Apothicaire, gérante redoutable du grand bordel de luxe Rokushokan, ancienne courtisane légendaire surnommée autrefois « déesse de la Lune ».
Nom : inconnu, appelée simplement Madam.
Sexe : femme.
Madam est la patronne de fait du Rokushokan, un établissement de prostitution de haut rang situé dans le quartier des plaisirs.
En réalité, elle n’en est que la gérante salariée, mais même le véritable propriétaire n’ose pas la contredire.
Elle incarne la fonction de vieille entremetteuse du quartier, rôle professionnel plus que nom propre.
D’autres vieilles entremetteuses d’autres maisons de plaisir apparaissent également dans l’œuvre, mais Madam est la plus marquante.
Dans sa jeunesse, Madam était réputée pour sa beauté et sa présence scénique.
On raconte qu’elle a fasciné un grand nombre d’hommes, au point qu’un roi étranger a fait réaliser son portrait.
Sa taille jeune était d’environ 175 cm, avec un corps longiligne, des bras et des jambes très longs et une silhouette très dessinée.
Avec l’âge, elle s’est « tassée » mais reste encore plus grande que Maomao, ce qui laisse penser qu’elle dépasse encore les 160 cm.
Même Jinshi, en apprenant sa taille d’autrefois, est surpris : dans l’univers de l’histoire, une femme de cette taille reste rare même cinquante ans plus tard.
Les héroïnes, souvent issues de bonnes familles ou du milieu des courtisanes, sont plutôt grandes, mais à l’échelle du pays, la stature de Madam est exceptionnelle.
Madam fut autrefois une courtisane très recherchée, au sommet de sa profession.
Elle exploitait particulièrement son grand gabarit pour la danse, art dans lequel elle excellait.
À l’époque, elle fut choisie pour danser lors d’un banquet officiel organisé par le pays pour accueillir des dignitaires venus de l’Ouest.
Plusieurs hasards heureux se sont enchaînés, et sa prestation, alliée à son allure inhabituelle, lui valut le surnom de « déesse de la Lune ».
Un roi occidental, séduit par son apparence et sa danse, lui fit même parvenir un portrait de style occidental.
Madam elle-même garde un regard lucide sur ce souvenir : elle sait qu’elle doit beaucoup à sa stature remarquable, plus qu’à une beauté « miraculeuse ».
Madam a une personnalité forte, tranchée et pragmatique.
Elle est très sensible à l’argent, et tout ce qui ne promet pas un bénéfice concret la laisse généralement froide.
Elle n’hésite pas à chercher le profit dans chaque situation :
– elle veut transformer Maomao en courtisane rentable en lui faisant apprendre les arts féminins,
– elle surcharge Maomao de dettes pour retenir certains clients,
– elle gonfle le prix des « frais de cours » pour des livres comme le fameux manuel des « secrets du jardin des femmes ».
Pour autant, elle n’est pas seulement une avare sans cœur.
Elle reste capable d’intégrer les désirs des courtisanes lorsqu’il s’agit de rachat de contrat ou de changement de vie, et elle fait parfois preuve d’une étonnante largeur d’esprit.
Maomao la décrit comme une personne capable de regarder les choses avec recul et objectivité.
Madam est fière de son passé, mais conserve une lucidité froide sur les raisons de son succès et sur les réalités du métier.
Madam dirige d’une main de fer le Rokushokan, grande maison close de prestige.
Elle gère les courtisanes, l’organisation interne, les finances et les relations avec la clientèle, notamment les hauts fonctionnaires et officiers.
Elle a déjà ce poste depuis au moins dix-sept ou dix-huit ans avant les événements principaux, au moment où un ancien eunuque (l’Old Eunuch) congédié de la cour impériale s’installe dans le quartier des plaisirs.
À cette époque, le Rokushokan traverse une période difficile : il a perdu une bonne partie de sa réputation à cause d’une affaire impliquant une courtisane célèbre et un haut fonctionnaire.
Madam montre une grande habileté à maintenir la maison à flot dans ce contexte.
Elle sait tirer parti de la moindre ressource – y compris des compétences médicales de Maomao – pour stabiliser la situation et limiter les dégâts, notamment sur le plan de la santé.
La crise du Rokushokan commence quand la courtisane vedette Fengxian, star de la maison, tombe enceinte de l’enfant d’un haut fonctionnaire.
Ce scandale fait chuter la confiance des clients et la prestigieuse maison perd de son aura.
À la même période, de nombreuses courtisanes sont atteintes de maladies vénériennes, ce qui affaiblit encore la réputation de l’établissement.
Fengxian elle-même n’échappe pas à la règle : elle est infectée par la syphilis.
Lorsque l’Old Eunuch s’installe dans le quartier, la maladie de Fengxian semble entrer en phase de latence.
Mais la détérioration devient bientôt visible, et, malgré la confiance croissante envers l’Old Eunuch, son état devient rapidement irréversible.
Madam, qui tient sa maison, doit composer à la fois avec la maladie, le scandale et la perte de prestige.
Cette période marque profondément la génération suivante de courtisanes, ainsi que Maomao qui en héritera le rôle de soigneuse et d’« apprentie pharmacienne ».
Maomao, fille adoptive de l’Old Eunuch, devient son élève et, plus tard, l’apothicaire de référence du Rokushokan.
Madam lui confie l’examen et les soins des courtisanes qui ont contracté des maladies sexuellement transmissibles.
Voyant en Maomao une potentielle source de gros profits, Madam tente plusieurs fois de la pousser à devenir courtisane.
Elle lui fait apprendre les arts et les manières, espérant en faire une « perle rare » du Rokushokan.
Maomao refuse catégoriquement ce destin, ce qui n’empêche pas Madam de revenir à la charge dès que l’occasion se présente.
Pour Madam, Maomao serait idéale : intelligente, utile comme apothicaire, et potentiellement très rentable si elle se plaçait comme courtisane.
Un jour, juste après avoir repoussé cette proposition, Maomao est enlevée par des trafiquants d’êtres humains et revendue comme servante dans le harem impérial.
Dans un sens, la résistance de Maomao à la carrière que Madam lui trace la conduit ironiquement à un destin encore plus singulier.
Lorsque Maomao disparaît, les courtisanes du Rokushokan ainsi que Madam s’inquiètent réellement pour elle.
Même si Madam ne le montre pas de manière trop sentimentale, son attitude laisse comprendre qu’elle tient à la jeune apothicaire.
Un an plus tard, Maomao revient soudainement au Rokushokan, accompagnée de Lihaku, un officier militaire.
Madam, fidèle à elle-même, choisit de ne pas changer de comportement : au lieu de s’épancher en émotions, elle l’accueille comme si de rien n’était, avec le même coup de poing dans le ventre qu’autrefois.
Ce geste, brutal en apparence, est aussi une façon de préserver la normalité et de montrer que Maomao « fait toujours partie de la maison ».
Madam préfère l’ironie dure aux effusions, mais son attachement est bien réel.
Madam est une stratège du commerce charnel.
Quand Lihaku vient au bordel et montre de l’intérêt pour Maomao, elle se débrouille pour que cet intérêt ne reste pas celui d’un simple client de passage.
Elle endette lourdement Maomao, afin de créer un lien financier durable entre elle et les officiers ou fonctionnaires susceptibles de devenir des habitués.
Sous couvert de gérer les comptes, elle exploite cette situation pour attirer de nouveaux clients influents.
Elle profite aussi de tout prétexte pour faire payer plus : par exemple, elle facture très cher le manuel des « secrets du jardin des femmes » que Maomao souhaite consulter.
Cependant, elle sait mettre des limites : lorsqu’il s’agit de rachat de courtisane, elle prend en considération la volonté de la femme concernée.
Cette dualité – entre avide de profit et directrice capable de respecter ses filles – rend le personnage particulièrement crédible et nuancé.
Durant l’année où Maomao est absente du Rokushokan, elle devient servante de Gyokuyou, une concubine de haut rang du harem impérial.
Elle y est promue au rôle de goûteuse officielle, avant de revenir temporairement au quartier des plaisirs.
Madam, même après avoir appris que Maomao travaille désormais au cœur du pouvoir, ne cesse pas de l’encourager à devenir courtisane lors de ses retours.
D’un côté, elle y voit toujours une opportunité commerciale, de l’autre, elle considère que rester dans la maison est une forme de protection.
En effet, tant que Maomao reste rattachée au Rokushokan, Madam peut :
– la garder à l’abri des trafiquants,
– la protéger contre les propositions indésirables de certains hauts fonctionnaires prêts à « acheter » la fille de l’Old Eunuch.
Madam agit donc, à sa manière, comme une protectrice intéressée, qui voit en Maomao à la fois un capital précieux et une jeune femme à défendre.
Madam est généralement calme, posée et très sûre d’elle, ce qui se traduit par une attitude souvent agressive ou intimidante.
Elle a l’habitude de s’imposer, que ce soit face aux courtisanes, aux clients ou même à des fonctionnaires de haut rang.
Lorsqu’elle raconte sa jeunesse, elle ne se contente pas de se glorifier.
Elle explique que sa sélection comme danseuse pour accueillir des invités étrangers tenait autant à son physique hors norme qu’à ses talents artistiques.
Elle a déjà été victime de jalousies : durant la préparation de cette prestation, certaines personnes ont essayé de la saboter.
On lui a notamment mis volontairement une odeur d’insectes sur ses vêtements, chose qu’elle a su retourner à son avantage avec un sang-froid remarquable.
Sa capacité à improviser et exploiter chaque situation illustre sa grande intelligence pratique et sa survivance dans un milieu impitoyable.
Néanmoins, même elle peut être prise de court.
Quand Lahan, un haut personnage, déclare vouloir prendre Fengxian chez lui, Madam perd brièvement de son assurance habituelle.
Cette annonce vient heurter de plein fouet ses plans de gestion et de rentabilité pour le Rokushokan.
Jusqu’ici, Madam gardait son calme face à presque tout : maladies, scandales, caprices de clients.
Mais l’idée de voir une courtisane phare comme Fengxian lui échapper totalement la fait véritablement paniquer.
Cette réaction montre que, malgré son masque de dureté, elle reste profondément investie dans le destin de ses courtisanes et de sa maison.
Sa peur n’est pas seulement financière : c’est aussi la crainte de voir un équilibre déjà fragile se briser.
– Ancienne courtisane de légende, surnommée « déesse de la Lune ».
– Taille exceptionnelle dans sa jeunesse : 175 cm, encore au-dessus de 160 cm malgré l’âge.
– Garante de la prospérité du Rokushokan, qu’elle dirige avec fermeté et pragmatisme.
– Caractère dur, lucide, avide de profit, mais capable d’empathie pragmatique et de respect pour les choix des courtisanes.
– Capacité à analyser les situations avec recul et à utiliser le moindre incident à son avantage.
– Relation complexe avec Maomao : mélange de calcul, d’affection et de volonté de protection.
– Figure emblématique de la vieille entremetteuse dans Les Carnets de l'Apothicaire, à la fois caricaturale et étonnamment humaine.
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