Lakan Kan est un stratège militaire de très haut rang, portant le titre de Grand Commandant (Ta-wei) du royaume de Lih, réputé autant pour son génie tactique que pour son excentricité, dans l’univers de Les Carnets de l’Apothicaire.
Il est surtout connu comme le « Grand Commandant Kan », le « stratège excentrique » et, sur le plan privé, comme le père obsessionnellement amoureux de sa fille Maomao.
Lakan Kan est un homme aux yeux en amande, toujours affublé d’un monocle (de pur décor, sans correction réelle).
Il occupe la fonction de plus haut responsable de l’armée de Lih, sans appartenir à aucun clan ou faction politique.
Son nom de famille Kan est courant dans le royaume, mais il est le seul à porter le titre de Grand Commandant.
On le décrit fréquemment comme un « fou génial » dont il vaut mieux se tenir à distance à la cour.
Il est célibataire, sans antécédent de mariage ni de divorce.
Sa voix dans l’adaptation animée est interprétée par Takuya Kirimoto.
Lakan est issu de la maison dite « Kan de la lignée Luo », une famille érudite considérée comme « quasi-noble ».
Si elle n’appartient pas aux grandes lignées « à nom de rang » (les familles portant des noms comme « Zi », « Mao », etc.), elle a souvent joué un rôle majeur dans l’histoire intellectuelle de Lih.
Cette maison ne cherche pas à conserver le pouvoir pour les descendants, mais se distingue par la production régulière d’esprits brillants.
Elle est suffisamment ancienne et influente pour être invitée aux assemblées réservées aux familles « à nom de rang ».
Lorsque Lakan était jeune, la maison Luo avait toutefois perdu une grande partie de son influence.
Il lui a fallu environ quinze ans, avant le début du récit principal, pour gravir seul les échelons et atteindre sa position actuelle.
Pendant cette ascension, il a évincé son propre père et d’autres membres de sa famille, s’emparant du chef-lieu de la maison.
Il a méthodiquement détruit tous ceux qui le gênaient, allant jusqu’à provoquer la ruine et la dispersion complète de certaines familles.
Cette montée en puissance fulgurante sans appui de faction, combinée à ses bizarreries, a fait de lui un personnage tabou au palais.
Même l’Emperor en personne le respecte et le craint, car presque personne n’a prise sur lui.
On dit souvent qu’il aurait fait un conquérant extraordinaire à l’époque des guerres incessantes.
En réalité, il est déjà un immense « gagnant » social, même si son entourage le trouve profondément dérangeant.
Lakan est un mélange rare de lucidité extrême et de comportement grotesque.
Il passe pour un génie paresseux, qui se donne volontiers des airs d’idiot pour observer les autres.
Il parle souvent par insinuations, provoque les gens pour les faire bouger à sa place et adore lancer des problèmes à distance.
Sa façon de résoudre les crises ressemble davantage à lâcher un explosif sur un feu de camp qu’à une intervention douce et mesurée.
Il est réputé pour ses répliques théâtrales, notamment lorsqu’il hurle « Maaaooo ! Paaapaaa est làààà ! » en fonçant sur Maomao.
Ces démonstrations d’affection font reculer aussi bien sa fille que les témoins.
Malgré son air désinvolte, il observe tout, enregistre tout, et manque rarement une occasion de tirer les ficelles.
Il préfère cependant rester dans l’ombre, en laissant d’autres récolter officiellement les lauriers (et les ennuis).
Vision, cognition et mensonges
Lakan souffre de prosopagnosie sévère : il ne reconnaît pas les visages.
Pour lui, les gens ressemblent à des pierres de go, indistinctes, sans traits.
Sur les conseils de son oncle Luomen, il a appris à identifier les personnes par leur corps, leur démarche, leur voix et leurs habitudes.
Ce travail d’observation constant lui a donné une capacité anormale à lire les autres.
Il détecte les mensonges avec une précision redoutable.
Une sueur infime, un battement de cil, un timbre de voix qui change : il repère des variations trop subtiles pour le commun des mortels.
Cette capacité n’a rien de surnaturel : c’est le produit d’une attention obsessionnelle combinée à une intelligence hors norme.
À la cour, on sait largement que le mensonge ne passe pas avec lui.
Particularité majeure : dans sa perception, chaque personne est associée à une pièce de jeu de shogi (l’équivalent local du shogi).
Lorsqu’il prépare une campagne militaire, il place mentalement chaque individu comme une pièce sur un plateau, en fonction de son « rôle » naturel.
Seules deux personnes apparaissent à ses yeux comme de véritables « visages humains** :
Fengxian, sa compagne et grande joueuse de go ;
Maomao, leur fille.
Pour Lakan, ces deux visages sont littéralement sa bouée de sauvetage dans un monde de pions anonymes.
Stratégie militaire
Sur le champ de bataille, Lakan transpose son sens du jeu à grande échelle.
Il utilise sa vision « en pièces de shogi » pour assigner à chacun la position exacte où il sera le plus efficace.
Cette approche donne à son armée une flexibilité et une efficacité supérieures.
On le considère comme l’un des meilleurs stratèges de l’histoire de Lih.
Il n’est pas particulièrement doué pour le combat physique, mais ses plans compensent largement ce manque.
Sa force réside dans l’anticipation, la lecture des intentions, et la capacité à utiliser les talents d’autrui au maximum.
Maître des jeux de plateau
Lakan est un joueur d’exception aux jeux de plateau, en particulier au go et au shogi.
Au go, il est le rival direct du meilleur joueur du pays, le « saint du go ».
Il perd statistiquement 6 parties sur 10 contre lui, ce qui fait de lui le numéro deux de facto.
Au shogi, il n’a tout simplement aucun rival connu dans tout le royaume.
On dit qu’il est invincible, et personne n’ose sérieusement prétendre le défier.
Le « saint du go » ne parvient à maintenir son avantage qu’en utilisant des tactiques indirectes, par exemple en servant à Lakan des pâtisseries extrêmement épicées, qu’il déteste.
Lakan accepte ces « coups bas » comme faisant partie intégrante du jeu et n’en tient pas rigueur.
Intuition et flair
Lakan possède une intuition presque inquiétante pour sentir les complots, crises à venir et situations explosives.
Maomao elle-même reconnaît que ses « mauvaises prémonitions » se réalisent presque toujours.
En revanche, il déteste se déplacer lui-même.
Lorsqu’il devine un problème, il se contente souvent de pousser quelqu’un d’autre dans la mêlée, en particulier Jinshi ou Maomao.
Lakan est un grand amateur de sucreries.
Il transporte en permanence une petite carafe remplie de boisson aux fruits, qu’il sirote comme d’autres boiraient du vin.
Il est cependant totalement incapable de tenir l’alcool.
Une quantité minime de boisson alcoolisée suffit à le faire s’effondrer.
Un jour, son habitude de boire directement au goulot de sa carafe (sans hygiène) lui a occasionné un sérieux problème de santé.
Malgré cela, il n’a pas renoncé à son goût prononcé pour les douceurs liquides.
Il aime passionnément les jeux de plateau (go et shogi) autant comme divertissement que comme terrain d’analyse psychologique.
Les parties disputées avec Fengxian ont d’ailleurs marqué toute sa vie affective.
Famille et proches
Lakan est officiellement célibataire, sans épouse reconnue lors de son apparition dans le récit.
Pourtant, sa vie sentimentale est dominée par sa relation avec Fengxian, ancienne courtisane, et leur enfant Maomao.
Il a rejeté et écarté la majeure partie de sa famille d’origine, dont son père et son demi-frère, durant sa prise de pouvoir interne.
En revanche, il éprouve un profond respect pour son oncle Luomen, qu’il considère à la fois comme mentor et figure paternelle.
Il a adopté son neveu Lahan comme héritier.
Lahan est un génie des chiffres, maître en finances et en investissements, qui gère une multitude d’affaires secondaires très lucratives.
Lien avec Maomao
Lakan est le père biologique de Maomao, même si elle refuse de le reconnaître comme tel.
Elle se contente de l’appeler intérieurement « ce vieux type » et le trouve profondément dérangeant.
Elle ne le « hait » pas dans le sens d’un ressentiment actif, mais le juge pénible, intrusif et envahissant.
Lui, de son côté, est littéralement obsédé par sa fille, qu’il adore d’un amour aveugle.
Ses démonstrations d’affection sont toutes plus maladroites les unes que les autres.
Elles aboutissent régulièrement à l’effet inverse : dégoût de Maomao et embarras général.
Malgré tout, Maomao reconnaît qu’il a deviné son identité de fille dès le premier coup d’œil, là où tant d’autres se trompaient.
Elle admet ne pas le détester pour cela, mais le considérer comme « juste insupportable ».
Une part de son rejet vient aussi de la jalousie : elle sait que Luomen, qu’elle vénère, reconnaît le talent de Lakan comme supérieur au sien dans certains domaines.
Comparer ses propres capacités à celles de ce « père génial et insupportable » est une source de frustration.
Lien avec Fengxian (spoilers majeurs)
Fengxian était une courtisane de très haut rang dans le quartier des plaisirs, également joueuse de go d’exception.
La première rencontre marquante entre eux a lieu lorsqu’on organise une partie de go :
« la courtisane invaincue Fengxian » contre « le stratège invaincu Lakan ».
Lors de ce match, Lakan est écrasé.
Mais surtout, pour la première fois de sa vie, il voit le visage de quelqu’un comme un visage humain : celui de Fengxian.
À partir de ce moment-là, ils jouent régulièrement ensemble, au go comme au shogi.
Au go, Fengxian le bat systématiquement, ce qui ne fait qu’accroître son admiration.
Plus tard, Fengxian devient une courtisane très demandée, et les occasions de la voir se raréfient.
Alors que plusieurs propositions de rachat (mise en liberté par un riche client) affluent, elle propose à Lakan un pari décisif.
Ce pari débouche sur un moment d’intimité, et Fengxian tombe enceinte.
Peu après, Lakan est exilé de la capitale pendant trois années, emporté dans la tourmente qui suit l’éviction de Luomen.
À son retour, il trouve dans sa chambre une lettre et un doigt coupé, signe que Fengxian a payé un prix terrible.
En se rendant au quartier des plaisirs, il découvre que la maison de Fengxian est en ruine : sa popularité s’est effondrée lorsque l’on a appris qu’elle avait eu un enfant.
On lui affirme alors que Fengxian est morte, et que l’enfant, si jamais il a existé, a sans doute péri misérablement.
Cette révélation plonge Lakan au bord du suicide, rongé par la culpabilité et la douleur.
Il ne tient debout que grâce à une idée : l’espoir insensé que l’enfant pourrait être en vie quelque part.
Il se met donc à hanter sans relâche le quartier des plaisirs, se laissant tabasser et chasser par la Madam et les habitants du quartier.
Un jour, étendu dans une ruelle comme un chiffon, il remarque une fillette au doigt tordu, au visage qu’il parvient à voir distinctement.
Instantanément, il sait qu’il s’agit de sa fille, l’enfant de Fengxian : Maomao.
À ses côtés se tient Luomen, ce qui confirme son intuition.
Dans certaines versions, on laisse entendre qu’il ne parvient pas à se contenir et tente de l’enlever, laissant à Maomao un souvenir traumatisant.
À partir de là, toute son ascension sociale et politique prend un sens nouveau.
Il veut créer une sécurité suffisante pour pouvoir racheter sa fille, la sortir de la misère de la maison close et la faire vivre sous son toit.
Quand, des années plus tard, une intrigue autour des courtisanes conduit Maomao à suggérer que Lakan rachète une des femmes du quartier, il s’apprête à choisir quelqu’un d’utile et peu coûteux.
Mais grâce à l’intervention de Meimei, il se retrouve face à Fengxian, ravagée par un syphilis à un stade terminal.
Même défigurée, diminuée et proche de la mort, Fengxian reste pour lui la plus belle de toutes.
Il éclate en sanglots, prend son visage entre ses mains et déclare qu’il ne veut qu’elle, et personne d’autre.
Il offre une somme colossale pour son rachat, suffisamment élevée pour faire trembler la comptabilité familiale, et organise une fête gigantesque dans le quartier des plaisirs en son honneur.
La célébration dure plusieurs jours, entraînant tout le quartier dans une orgie de musique, d’alcool et de lumières, financée par lui.
Fengxian finit par mourir l’année suivante, au printemps.
Lakan garde précieusement une mèche de ses cheveux sur lui et la présente fièrement comme « ma femme dont je suis si fier ».
Il publie également un recueil des parties de go et de shogi qu’ils ont disputées.
Pour un œil averti, ce livre ressemble à un poème épique de pur amour, ce qui déclenche une énorme mode des jeux de plateau dans tout le pays (au grand bénéfice financier de Lahan).
Maomao, apprenant plus tard que ses parents ont finalement été réunis, se montre sincèrement heureuse pour eux.
Même si elle continue de traiter son père comme un boulet, elle sait que leur histoire est fondamentalement celle d’un amour tragique et sincère.
Lien avec Luomen
Luomen est l’oncle de Lakan, médecin et érudit éminent.
C’est lui qui, le premier, a cherché à compenser la prosopagnosie de Lakan en lui apprenant à lire les gens autrement.
Aux yeux de Lakan, Luomen apparaît comme la plus puissante des pièces sur son échiquier mental.
C’est en observant son oncle qu’il prend conscience de la médiocrité de son propre père.
Lakan lui voue respect et gratitude.
Il écoute ses conseils avec une docilité rare chez un homme aussi rétif à l’autorité.
De son côté, Luomen apprécie sincèrement le génie de Lakan, malgré ses frasques.
Maomao a parfois du mal à accepter que son oncle estime autant cet homme qu’elle juge insupportable.
Lien avec Lahan
Lahan est le neveu de Lakan, brillant calculateurs et maître des finances.
Il a joué un rôle dans la révélation des malversations du père de Lakan, provoquant indirectement la prise de contrôle de la maison Luo par Lakan.
Lakan a fini par l’adopter, faisant de lui son héritier légal.
Lahan gère les affaires, les investissements et exploite même le succès commercial du livre de parties de go et de shogi de Lakan et Fengxian, pour renflouer les coffres mis à mal par le rachat de Fengxian.
Lien avec Jinshi
Lakan nourrit une forte antipathie pour Jinshi.
Officiellement, il prétend le mépriser comme un être « à moitié factice », qui se masque et se cache derrière un rôle.
En réalité, il se méfie de le voir trop proche de Maomao.
À ses yeux, Jinshi est un homme qui ment sur sa nature, ce qui est inacceptable pour quelqu’un qu’il ne veut pas voir approcher sa fille.
Il est parfaitement au courant, ou du moins très suspicieux, de la vraie identité de Jinshi.
Il le traite de lâche qui « manigance dans l’ombre sans jamais accepter d’en assumer publiquement le prix ».
Par ailleurs, il utilise Jinshi comme vecteur pour refiler à Maomao toutes sortes d’affaires dangereuses ou pénibles.
Il veut à la fois la protéger et la voir déployer ses capacités au grand jour, comme un supporter envahissant.
Relations avec les autres
Lorsque un officier frappe Maomao pour l’empêcher d’interrompre une cérémonie et protéger des dignitaires, Lakan, au lieu de le punir, le prend dans ses propres troupes.
Il le traite globalement bien, estimant qu’il a accompli son devoir, même si l’officier subit ensuite une forme de maltraitance psychologique ponctuelle par pure rancune paternelle.
Malgré cette rancœur, le soldat perçoit les remarques acides de Lakan comme une forme d’entraînement mental.
Le poste de subordonné direct de Lakan est à la fois un honneur et une punition : c’est le chemin le plus rapide vers l’épuisement professionnel.
Lorsque Maomao est enlevée lors de la révolte d’une grande famille noble, Lakan se déchaîne littéralement.
Il fait abattre des murs du harem, pousse Jinshi à mobiliser l’armée, et mène une intervention musclée qui marque définitivement Maomao comme « la fille de Lakan » aux yeux de la cour.
Son influence est telle que, lorsqu’il est question que Maomao participe à une expédition médicale vers l’ouest et que les médecins s’y opposent, il suffit qu’on mentionne que Lakan lui-même sera du voyage pour que toute contestation cesse.
Même l’Emperor compte sur sa capacité à « tout gâcher en se déchaînant » pour dissuader quiconque de punir Luomen et Maomao si une opération délicate venait à mal tourner.
Lakan s’est arrangé pour que la machine administrative continue à tourner même lorsqu’il se comporte comme une lampe éteinte.
Il a placé des gens compétents partout, de sorte que ses propres absences et retards sont compensés.
Cependant, il adore enrayer le travail de Jinshi en retardant des dossiers ou en lui refilant des corvées impossibles.
En conséquence, Jinshi passe son temps à traîner Maomao derrière lui pour résoudre des affaires délicates, ce qui fait de Lakan une source constante d’embarras pour le duo.
Lorsqu’il intervient dans une enquête ou un mystère, son esprit est d’une efficacité redoutable.
Mais ses solutions sont tellement radicales qu’elles déclenchent souvent des problèmes secondaires plus graves encore.
On pourrait résumer son style par : éteindre un feu de cuisine à la dynamite.
Certes, le feu est éteint, mais le bâtiment est en ruines.
Ses interventions créent parfois des victimes collatérales qui n’étaient au départ pas concernées par le problème.
Ce caractère « réactif mais destructeur » fait que même ceux qui reconnaissent son génie hésitent à lui demander de l’aide.
Maomao comprend parfaitement que Lakan est un génie irrécupérable, doté d’une véritable affection pour elle et pour Fengxian.
Elle ne nie pas qu’il lui a sauvé la vie de manière indirecte et contribué à son destin.
Pour autant, elle ne veut pas de lui comme père.
Elle affirme clairement qu’elle ne l’en veut pas pour ce qu’il a « bien deviné », mais qu’elle le trouve simplement « abominablement agaçant ».
Elle éprouve une réelle compassion pour sa prosopagnosie, imaginant à quel point il est difficile de vivre sans reconnaître les visages.
Mais cette compassion cohabite sans difficulté avec son rejet instinctif de sa présence envahissante.
Lakan, de son côté, continue à se comporter en papa démonstratif, la poursuivant dans les couloirs du palais, la surveillant en douce derrière les piliers, et hurlant son nom à la moindre occasion.
Pour le reste du palais, il est autant une source de terreur qu’un sujet de commérages fascinés.
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